Pour notre second HelpX, nous avons choisi de travailler deux semaines dans une ferme où l’on fabrique du fromage de chèvre. Bienvenue au Leaning Oak, chez Gloria et Alan, à Mudgee, dans le New South Wales !

 

Nous sommes en pleine campagne. Mudgee est une ravissante petite bourgade datant de la ruée vers l’or et qui a su préserver tout son charme d’antan. Au coucher du soleil, on assiste à la spectaculaire migration des chauves-souris pour se nourrir. Un flux ininterrompu de plus de trente minutes avec des milliers dans les airs !

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Arrivés au Leaning Oak, nous sommes accueillis par quatre bébés chèvres « Maple, Confetti, Mélanie et Sydney », Gloria, qui gère toute la ferme et Al, l’alpaga curieux qui se demande qui nous observe de loin ! La propriété est grande, avec près de deux cents chèvres et une centaine de moutons. On a le droit à une petite dégustation des fromages de chèvre fabriqués ici, comme la délicieuse Fetta pesto, le Honey Goat cheese ou encore le Blue Goat cheese. Enfin du fromage en Australie !

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Clap clap clap « Come in ! » : c’est bras écartés et en tapant des mains que l’on fait rentrer dans leur enclos la centaine de chèvres. C’est un peu la cohue, mais elles savent bien où aller et tout va très vite. Vient au tour de donner le biberon aux quatre bébés chèvres. Je prends Maple et Confetti, les plus jeunes et Bastien prend Sydney et Mélanie. C’est la première fois que l’on fait ça: je suis complètement gaga !

 

Une journée type :

 Lever 7h

7h45 : biberon des bébés chèvres

8h : début de la traite

11h30/12h : fin de la traite

Déjeuner

Parfois vaisselles, packaging des fromages

17h30 : biberon des bébés chèvres

18h ou 20h30 : si on le désire, assister à la fabrication des fromages

Si on accompagne Gloria à un des marchés : départ 5h du matin, retour vers 15h.

Ce sont des journées relativement faciles à faire, un peu physique la traite, car il y a un rythme à tenir. À la fin de la journée, tu es quand même un peu fatigué. On travaillait environ six heures par jours, mais c’est arrivé que l’on fasse plus (ce n’est en tout cas pas les 4h indiquées dans l’annonce). À chacun de nos temps libres, je les passais avec les bébés, que ce soit pour une partie de cache-cache, de chats (oui, les chèvres adorent s’amuser !) une petite sieste ou des câlins ! Tu as une journée de repos par semaine.

 

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Bastien au milieu des chèvres… et avec Al, l’alpaga!

 

La découverte de la traite !

 

Chaque traite te réserve un lot de surprises ! Ça peut devenir sportif les jours où les chèvres se sont levées du mauvais pied (et bizarrement il y a des jours comme ça où elles s’y mettent toutes !). Ou bien tout calme les jours où elles sont joyeuses ! Mais ne jamais perdre de vue les « jumpers » (celles qui ont tendance à sauter la barrière pour repasser le plus de fois possible), celles qui s’échappent de leur parcelle lors de la traite et celles qui kickent (jolis coup de pied à l’appui et belles frayeurs !)

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Car les petites, elles sont malignes ! La première fois que l’on s’est retrouvés seuls avec Bastien pour gérer la traite, elles nous ont testés ! Autant dire que c’était l’anarchie ! Je me suis dit intérieurement, elles doivent bien se marrer ! Impossible alors de reconnaître les vilaines qui repassaient pour avoir plus de graines, victimes des sournoises qui se donnaient à cœur joie en kick, les têtues qui refusaient de sortir et créaient un embouteillage. Bref. Autant dire qu’il nous a fallu quelques jours d’adaptation avant de devenir des pros !

Mais aussi le même temps pour elles de s’adapter à nous, les petits nouveaux qui débarquent ! Après tout roulait ! On les reconnaissait souvent par leurs mamelles : certaines ont du lait dans une seule mamelle (Incroyable !) et par leur caractère.

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Ready to go!

 

Alors, la technique ?

 

Faire rentrer dix chèvres dans l’enclos et éviter que les bébés s’y faufilent. Pendant ce temps, l’autre personne remplit d’un bol de graines chaque coupelle (ce qui va permettre d’occuper les chèvres durant la traite). Lorsque Bastien ouvre la porte qui mène aux machines, c’est le rush ! On attire la chèvre avec notre main pour qu’elle passe la tête dans le cornadis autobloquant fixe (pour utiliser le terme exact!) que l’on referme derrière (ce qui permet de ne pas s’échapper en pleine traite !). On passe derrière et nous avons la vision de dix fessiers et mamelles de chèvres face à nous. Intimidant ? Perturbant ? J’emploierais le mot « surprenant » !

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La mamelle la plus massive de toute!

Avant de leur mettre le tube sur chaque mamelle qui va faire pression pour sortir le lait, on passe notre main sur le côté de sa cuisse en lui parlant puis on touche d’une caresse ses mamelles.

  1. Ça la prévient qu’on arrive et que c’est son tour ! Oui, ça ne doit pas être agréable tous les jours !
  2. Ça nous donne des pistes sur la manière dont elle va réagir. Si elle saute et kick tout de suite, on sait qu’il faut lui maintenir une, voire les deux chevilles. Si elle ne réagit pas, c’est « finger-in-the-nose » !

 

En tout cas, on a bien ri avec ces petites chèvres ! Voici un diaporama qui rassemble tous les portraits de chèvres pris pendant la traite! Que du fun!

 

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Un plaisir immense de découvrir les chèvres

N’ayant jamais eu l’occasion de travailler en compagnie de chèvres, elles étaient pour moi un mystère. Je ne pensais pas qu’elles pouvaient être aussi affectueuses envers les hommes, têtues (ça, définitivement!), et très intelligentes.

En effet, elles observent beaucoup leur environnement, comprennent vite comment marchent les choses et le mémorisent. Par exemple, certaines savaient ouvrir les portes qui mènent aux machines. Elles se rappellent du comportement que tu as envers elle et vont réagir en fonction. Elles sont très curieuses et aventureuses, ce qui peut les mettre en danger bêtement. Elles montrent également beaucoup d’affection et réclament des caresses et des câlins !

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Maple qui pousse avec sa tête pour un câlin

 

Au fil des jours, on a créé un lien fort avec nos quatre bébés Maple, Confetti, Sydney et Mélanie. Au son de notre appel « Babies ! », les quatre beuglaient de leur petit cri en cœur et couraient vers nous ! Le matin, dès qu’elles entendaient notre réveil sonner dans le van, elles poussaient leurs cris et accouraient près de la porte pour nous accueillir ! (Trop mignon !!!) Chacune à son propre caractère et toutes adorent jouer ! Il suffisait que l’on se mette à sauter et courir sur les gros sacs de pailles, pour qu’elles nous imitent et fassent les folles !

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Petite sieste des quatre!

Elles nous suivaient partout, les quatre à la queue leu leu, et se posaient tout contre moi pour dormir. Ils sont devenus nos petits bébés !

Maple, ma petite chouchoute, est la plus jeune des quatre. La première a m’avoir fait un gros câlin. Toute fragile et en demande d’affection, elle est vraiment attendrissante ! Confetti, le seul garçon est intenable quand il a faim et adore pousser tout le monde pour avoir ses caresses !

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Maple et Confetty qui se fendent la poire!

 

Sydney est la plus indépendante, curieuse, elle explore tout autour d’elle. Elle referme généralement la marche des trois autres. Elle adore s’endormir avec des caresses sur la tête.

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Bastien et Sydney

Mélanie donne toujours la patte pour avoir un câlin. Elle peut devenir une vraie petite jalouse en poussant frénétiquement les autres et bon Dieu qu’elle est têtue quand elle a décidé quelque chose !

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Fabrication du fromage

Nous avons assisté à la fabrication du fromage fait à partir du lait frais des chèvres. Rien de bien passionnant. De la précision, quelques ajouts de compléments dans le fromage, couper, puis laisser reposer. Ajout à la fin de pesto, chili, oignons ou autres. Le résultat était à la hauteur, car les fromages étaient très bons, mais cela n’a pas éveillé en moi l’envie de faire ce métier ! C’est une montagne de vaisselle qui est à la clé !

Gloria travaille d’arrache-pied tous les jours. Elle jongle entre la traite (quand il n’y a pas d’helpers ou Fiona), la dégustation de ses produits (un groupe peut venir n’importe quand à la ferme), la fabrication du fromage, les marchés (quand Alan ne les fait pas) et le rôle de maman ! Ça fait beaucoup en si peu d’heures, donc gros bravo !

J’ai eu l’occasion de l’accompagner une fois sur un marché. Il y a très peu de producteurs de fromages (2 max) et très rarement de fromages de chèvre (ce n’est pas développé en Australie). La clientèle, elle l’a et ses fromages cartonnent ! Je ne l’ai jamais vue aussi épanouie que lorsqu’elle faisait le marché, papotant avec les passants et parlant de ses fromages.

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Dégustation de fromages!

 

Une rencontre que l’on retient

S’il y a une personne, non deux, qui a marqué notre séjour là-bas, c’est Fiona, qui travaille à la ferme quelques jours par semaine, et sa mère que l’on a rencontrée chez elle, toutes deux d’une gentillesse ! On a eu l’occasion de venir aider Fiona dans sa ferme, à trente minutes de celle de Gloria, où elle a vaches et chèvres sur un terrain gigantesque !!!

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Fiona qui donne le biberon à Ginger et Pretty

Cette journée fut la plus épuisante de toutes ! On a dû d’abord rassembler dans un enclos les plus de deux cents chèvres (et leurs bébés). Le terrain étant grand, ce fut une franche partie de rigolade tant les chèvres partaient dans tous les sens !

Une fois enfermées dans l’enclos, on a du prendre chaque bébé, leur faire un piercing à l’oreille avec l’étiquette de l’année où il sont nés, et pour les garçons, leur mettre un anneau en plastique autour de leurs testicules (autant vous imaginer des hurlements et un regard apeuré à vous déchirer le cœur !)

Bastien a du attraper et maintenir les gros boucs dominants pour les marquer au spray rouge (cela signifiait qu’ils allaient être vendus). Enfin, on a fait passer une par une les chèvres dans un petit corridor pour leur passer du produit antiparasites et marquer celles qui allaient être vendues.

C’était du sport !

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À l’arrière du pick-up!

 

On termine avec un diaporama qui retrace notre expérience. Voir la vidéo ici. 

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On fait le point sur le HelpX: 

Points forts :

-Expérience incroyable avec les chèvres (bébés, traite + lien créer avec elles)

-L’occasion d’apprendre la fabrication d’un fromage de chèvre et de suivre la fabrication de A à Z.

-Découvrir la ferme de Fiona, ses chèvres et de partager de bons moments avec sa famille.

Points faibles :

-Une hygiène à l’intérieur de la maison déplorable (on a dormit dans notre van toute la durée du séjour)

-Aucun lien de tisser avec la famille, malgré la gentillesse de Gloria : l’adolescente étant détestable, tout comme le père l’était envers ses chèvres. Nous ne sommes restés que pour les chèvres. Deux semaines c’était le mieux que l’on pouvait tenir.

-Malgré quelques repas appétissants, il n’y avait rien à manger le midi ou le soir, si Gloria n’est pas là, on se débrouillait. (On a donc préféré pendant 3 jours  où elle était absente d’aller au mcdo plutôt que de partager le repas du soir avec le père et la fille!).

 

Alors, tenté par un HelpX avec les chèvres toi aussi?

Marion.