Coup d’adrénaline aux portes de Paris. La spéléologie n’est pas le privilège des zones rurales éloignées de la capitale. Direction le spéléodrome de Rosny-sous-Bois pour vivre une première descente dans un puit et évoluer sous terre. Une initiation, dans les règles de l’art !

Le frottement de la combinaison rouge vif nous ferait presque croire à un équipement de ski. À un détail près : elle est faite pour résister à l’humidité qu’il y a sous terre, mais surtout pour éviter de revenir les vêtements salis! Frédéric et Singrid enfilent leur baudrier à la taille, paré des mousquetons nécessaires pour assurer la descente et la montée sur corde. Sous l’œil attentif de Fabien Fécheroulles, l’instructeur qui les accompagnera. « La base de la spéléologie c’est avant tout la sécurité. » Rappelle Fabien à ses nouveaux poulains.

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C’est leur deuxième descente, l’excitation commence à se faire sentir. Car l’adrénaline est au rendez-vous ! Une fois le casque bouclé sur la tête, lampe frontale en place, le petit groupe se dirige vers la zone de pratique. Ils enfilent leur paire de gants. Le calme s’installe d’une traite à la vue d’un ancien puits d’aération d’une carrière de gypse. Il fait trente-cinq mètres de profondeur. Un muret de briques délimite la zone de sécurité. Les cinq cordes sont accrochées à une structure. Les consignes sont répétées à chaque début d’exercice : « Si je dois m’approcher plus de la cavité, je vais venir me longer de telle façon à être relié à la corde et de pouvoir être à proximité en toute sécurité ». Chacun longe prudemment le rebord du puits et s’assure avec leur longe. L’appréhension au vide se fait sentir. Avant de se lancer dans la descente, le test du baudrier est inévitable : «Tu plies tes genoux, comme si tu t’asseyais et tu te laisses doucement glisser au-dessus du vide pour voir si tu es bien maintenu comme il faut dans ton baudrier ».

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Le temps d’imaginer une piscine en dessous, après une longue inspiration, Singrid se lance, suivie de Frédéric. « C’est vrai qu’il faut avoir un petit grain de folie pour se lancer au départ et après ça va tout seul » nous confie Jérémie, adepte de la spéléologie depuis dix ans. Après avoir constaté la solidité du matériel, la peur s’atténue. Le moment tant attendu est arrivé, c’est l’heure de la descente en rappel. Le but : apprendre à gérer sa descente en coulissant la corde dans un de ses mousquetons. Les débuts se font saccadés, puis de plus en plus lisses. « S’entraîner dans cet environnement est intéressant, car l’important est de leur apprendre à maîtriser le matériel et à prendre confiance en eux, afin que lorsqu’ils descendent dans une vraie grotte, ils puissent profiter de la beauté du site. »

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Quitte ou double

Dans cet environnement plutôt inhospitalier et obscur, pour la spéléologie, soit on en tombe amoureux immédiatement, soit on n’aime pas. Chacun vient trouver son propre plaisir selon Julien Ginguené, Président du Club : « Moi je viens trouver une ambiance par exemple, je m’amuse bien avec mes amis. Il y a les férus de sports qui viennent trouver des sensations fortes et d’autres qui préfèrent le côté scientifique et contemplatif des milieux souterrains. » L’erreur que l’on fait aujourd’hui serait d’associer irrémédiablement la spéléologie au seul cas de secourisme. « Il y a un grand écart entre ce que l’on entend et ce que l’on vit » nous confie Kamel, qui pense à s’inscrire dans le club. L’écho s’y prête. À chaque catastrophe et pourtant, c’est avant tout un sport qui réunit les amoureux de la vie souterraine et des amateurs de sensations. Comme toute autre discipline, si ce n’est plus, elle véhicule des valeurs primordiales telles que le travail d’équipe. Comme nous le confirme Fabien : « On prend soin des uns des autres, on est tous dépendants. Lorsqu’il va y avoir une escalade, un passage difficile, on va toujours s’attendre pour pouvoir s’assurer. On évolue en groupe. » Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ou s’imaginer suite à des films de fictions, faire de la spéléologie n’entraîne pas systématiquement des endroits exigus où il faut ramper. Dans la plupart des cas, on se retrouve debout ou à quatre pattes.

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De la sérénité

Plus la progression se fait sous terre, plus la respiration s’accentue et devient forte. Les lampes frontales sont allumées pour éclairer les tunnels. Le petit groupe de sept personnes se suit à la file indienne. Chacun jetant des coups d’œil sur le camarade qui le suit. « C’est physique à certains moments. » Admet Jérémie. Les seuls bruits qui se détachent sont ceux des pas sur les montagnes de terre mélangées aux cailloux et ici ou là le choc des casques qui se frottent aux parois de la carrière. Tous ont le sourire aux lèvres. Assis ou allongés à un mètre du plafond, tous participent volontiers à une expérience initiée par Julien. « On va tous éteindre nos lampes et se taire. On va essayer d’écouter l’environnement et le silence. » À chacune de ses descentes, Jérémie s’isole dans le noir complet et écoute : « Ce qui me plait, c’est la tranquillité que l’on obtient lorsqu’on est au fond. Je trouve cela apaisant. » On se fie d’autant plus à l’ouïe lorsque notre vue est mise en touche, de sorte que l’on comprend mieux le fonctionnement par ultra-sons des chauves-souris qui s’orientent dans les grottes. De même, on découvre avec Julien ce qu’est la proprioception. « La lumière éteinte. Vous mettez votre main devant vous et on a l’impression de la voir. On sait où sont les doigts. Le cerveau sait exactement où se trouvent toutes les parties de son corps. » Pratiquer la spéléologie offre également une autre manière de percevoir les choses et de les ressentir, tout comme s’acclimater naturellement à un milieu souterrain.

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La remontée de corde marque le dernier effort physique à faire. En position de la grenouille ou à la façon de monter un escalier. Certains, infatigables, y retournent pour une nouvelle descente !

 

Infos Pratique

Les clubs en Ile de France :

-Paris
-Seine et Marne -Yvelines -Essonnes
-Hauts de Seine -Seine-Saint-Denis -Val de Marne -Val d’Oise

Tarifs pour le Club de Rosny-sous-Bois (93)
Prix d’adhésion à l’année pour les plus de 26 ans : 30 euros Pour les -26 ans : 15 euros

Se former :

– Se renseigner auprès de l’École française de Spéléologie

-voir le calendrier des stages pour les différentes formations sur les sites ci-dessous.

Se renseigner :

Sur le site de la Fédération Française de Spéléologie

Sur le site du Comité de Spéléologie d’Ile de France 

À savoir :

-avoir une assurance pour pouvoir pratiquer ou bien en souscrire une auprès du club