Montréal, dans son manteau blanc

Se lit, se vit,

Comme dans un livre ouvert,

Où même les gris dégrisent les mines,

Où le neuf tend la main au vieux,

Où le froid réchauffe les cœurs

Et les sourires brisent la glace de l’inconnu.

 

 

Le réveil sonne. Les premiers rayons du jour éblouissent nos yeux à peine éveillés.

Dans les rues de Montréal, on a la même sensation. Avec ces -20°C, cette neige qui borde les allées, les toits et les parcs, ce ciel qui oscille souvent entre les blancs et les gris, on adapte petit à petit notre regard, pour détacher les choses des unes des autres. Après avoir multiplié par trois toutes les couches de vêtements, le climat « rude » qui est décrit paraît être une rigolade ! La simplicité de la vie et des habitants fait vite naître un sentiment de confiance et de sécurité. On s’y sent comme chez soi.

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La ville aux milles facettes

 

Montréal l’ensorceleuse ? Cela ce pourrait bien ! Ses escaliers, qui font le charme des maisons façonnent les rues de la métropole et font tourner les têtes. Ses longues rues, ses blocs d’habitations et ses hauts buildings nous immergent dans la culture nord américaine. À quelques pas du centre-ville, le Vieux-Port, le berceau de Montréal, rappelle intimement son passé avec le Régime français. Chargés d’histoire, les quais du port, glacés et figés sous la neige, cachent ce qui fut au XIXème siècle le premier port céréalier au monde. Avec sa tour à la « Big Ben », on admire l’autre rive de Montréal, dans les nappes de brouillard. L’art amérindien, très présent dans les galeries avec ses peaux, ses attrapes-rêves et ses gris-gris, n’est sans rappeler les quelques cinquante-six tribus de premières nations encore présentes aujourd’hui au Québec. On laisse volontiers échapper notre esprit vers ses rites d’un ancien temps. Au nord, le quartier international donne un avant-goût du Centre-ville et de ses buildings.

Le vieux côtoie le neuf. L’histoire, la modernité. Et la douceur de la nature, la dureté de la ville. C’est dans toutes ces incohérences que Montréal enchante.

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Cosmopolite

 

Icitte* à quelques blocs de là, par le Boulevard Saint Laurent, on admirera les nombreux tags artistiques géants qui prennent possession des murs et nous transportent dans une dimension fantastique. Niché sous les toits, vous apercevrez un vieil homme au costume du siècle passé, Teddy Bear pendu à une corde, des murs édifiés sans logique où sont inscrits des poèmes ou encore, le soir, des vidéos en noir et blanc projetées sur les murs des immeubles, témoins d’une époque révolue. Excentricité et art de rue mettent en éveil la curiosité des passants et confèrent à la ville cet aspect chaleureux et bon-vivant.

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Entre le quartier chinois et la Petite Italie, le Village gay et le quartier latin, Montréal la contemporaine est sans équivoque un bouillonnement culturel international. Avec au compteur sept universités et ses grands campus ouverts tels que McGill ou Berri Uqam, la ville s’offre une image jeune et dynamique, avec ses buvettes de quartier et ses bars lounge. La gigantesque rue Sainte Catherine laissera place aux gratte-ciels et à la fièvre énergique du centre ville! C’est la rue pour faire du magasinage*, pour dîner* ou pour les party* comme au célèbre « foufounes* électriques » ou encore Chez Mado, célèbre cabaret de drag-queen, qui équivaut en France au cabaret de Michou. La rue Saint-Denis quant à elle, loin du cliché français, nous emportera dans une atmosphère Anglo-Saxonne avec ses demeures victoriennes et ses terrasses noyées sous la neige, endroits romantiques où souper*. Enfin, « sans joke* », que serait la culture montréalaise sans ses nombreux spectacles vers la Place des Arts, ses musées ainsi que son quartier olympique (biodôme, Planétarium et stade) et ses bars sportifs qui vont de pairs ?

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Une simplicité qui a du mordant !

 

Tout au long de la journée, les souffleuses* croisent les calèches du Vieux Montréal et les gros chars* à l’américaine. Quelques aventureux se risquent une traversée à vélo sur la sloche*. Pressés, ici ? Pas des moindre ! Pas de bousculades dans le métro y compris aux heures de pointe, pas de gens qui courent dans la rue (la neige y joue peut-être). Seuls quelques québécois – hormis les touristes- s’osent à se frotter aux températures extérieures. Ce qui frappe, c’est le peu de personnes qui jalonnent les rues en semaine. Mais alors, où se cachent les Montréalais? La réponse se trouve sur les 30km sous terre ! Avec 1800 commerces, 120 points d’accès et plus de 500 000 piétons par jour, on peut flâner* en t-shirt, même par -30 à la surface, étudier, se restaurer ou travailler!

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Passage obligatoire à La Banquise pour goûter au fameux plat traditionnel la poutine*. Ouvert 24/24, ce restaurant à l’allure d’une cantine fait salle comble, autant à 12h qu’à 3h du matin ! Le brunch en fin de semaine est dans la culture québécoise. Faire la queue devant l’un des monuments, même sous la neige, fait partie du jeu. L’Avenue, café branché avec ses murs de pierres, ses tags et sa Harley pendue dans les airs, est parmi les plus populaires.

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Enfin, la plus grande force de Montréal se trouve dans son environnement protégé, même à cinq minutes du centre-ville. À seulement 1h30, on se retrouve dans un décor hivernal à coupé le souffle, où les activités de chiens de traineaux attirent les touristes.

En outre, le dépaysement est total, à seulement cinq minutes du cœur de la ville, avec ses parcs naturels répartis sur tous les coins, tels que le célèbre Parc du Mont Royal ou le Parc de la Fontaine. Ski de fond, balade en raquettes, patinoires et pistes de luges (« crazy carpet* » à la main), ces espaces offrent un bol d’air revivifiant ! Aucuns bruits émanant de la ville, seuls ceux de nos pas qui s’enfoncent délicieusement dans la neige.

montagne

 

Lorsque la nuit tombe sur le Mont Royal, le ciel revêt des couleurs rosées qui se reflètent sur le sommet de la forêt. Dans le silence du parc, un sentiment d’apaisement envahit les cœurs. On se sent serein et perdu à la fois. Les lampadaires qui jalonnent les pistes donnent une allure magique à la scène. Le froid s’installe peu à peu.

En contre bas, on admire la ville enneigée, illuminée qui semble vivre à un rythme décalé.

magique

Montréal est de ces villes qui déclenchent un coup de cœur,

Ça ne s’explique pas, ça se vit,

Elle ne se compare pas, elle est unique.

On a le coup cœur ou on ne l’a pas,

Mais si on le contracte,

Il y a de forte chance d’y refaire un tour…

 

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Lexique 100% quebécois !

 *Icitte = ici

*magasinage= shopping

*dîner= déjeuner

*party= fêtes, soirées

*foufounes= fesses

*sans joke » = sans rire, sans déconner

*Souper= dîner

*souffleuses= chasses-neige

*chars= voitures

*sloche= neige fondue

*flâner= se promener sans but précis

*Poutine = la spécialité local : frites, sauce brune (style barbecue) avec du fromage

*crazy carpet = « tapis fou » que l’on achète dans les enseignes « tout à 1$ » spécialement pour faire de la luge. Se sont comme des tapis, en plastique, avec deux poignées à l’extrémité.

*mon cheum : mon petit ami

*ma blonde » = ma petite copine

*Bienvenue : De rien

Les injures sont souvent héritées du vocabulaire religieux. Plus on en combine, plus le degré de juron est fort ! ex :

*tabernak = « merde » / traiter quelqu’un de « tabernak » reviendrait à le traiter de « con »

*cornisse d’hostie = « putain de merde »

À savoir : il se peut que vous entendiez l’expression « maudits français » qui est souvent amicale. Il y a trente ans, c’était utilisé comme une injure contre les français qui venaient s’installer au Québec! Eh oui, les français traînent leur réputation de râleur même Outre-Atlantique !