J’ai choisi de m’éloigner des rails, ces lignes droites infinies séparées de 143,5 cm, qui font office de lignes de vie.

Parce que j’ai fait le choix, un instant, de ralentir, de m’arrêter et d’observer.

Observer autour de moi ; sentir le vent soulever mes cheveux et caresser mon visage, comme une mère couve son enfant.

Accueillir chaque goutte de pluie sur ma peau, joyeusement, en un doux sentiment de fraîcheur.

Apprécier la beauté de chaque parcelle de mon environnement, qu’il soit naturel ou façonné par l’homme.

Ne faire qu’un avec les éléments.

Respirer. Profondément.

Vivre.

Immobile, à côté des rails, j’observe la foule agglutinée dans les wagons de la « vie », ces voies à sens unique sensées mener au « Bonheur ». C’est à ce moment-là, que les questions sur le sens de la vie se déversent à la manière d’un torrent dévastant sur son passage : croyances, acquis et repères.

Si pour certains cette pause ne fut que de courte durée avant de sauter dans le prochain train, plus simple de fermer les yeux et de retourner suivre les voies; pour d’autres, la sensation d’avancer à deux vitesses aux côtés de leur entourage s’accentue… un vide entre les wagons se crée et la quête bonheur devient alors une équation. Parmi ses variables : le voyage.

Le voyage. L’inconnu remplace les repères ancrés. Les automates disparaissent face à l’éveil des sens. L’homme se reconnecte. D’abord à lui, puis aux autres et à son environnement… La notion du temps perd son rôle d’organisateur, pour finalement devenir l’accompagnateur bienveillant. On apprend de nouveau, avec le regard d’un nourrisson; puis l’ouïe, le goût et le toucher se développent à la manière d’un enfant qui découvre la vie, sans filtre ni jugement.

Voyager, c’est accepter de perdre le contrôle. Se laisser guider par les rencontres, les signes extérieurs et nos intuitions. Se faire confiance et avoir confiance en l’autre.

Ce n’est pas la réponse à la question du bonheur, seulement une variable, un outil qui ouvre la voie et dévoile des éléments de réponses à ceux qui seront attentifs aux signes et à leurs émotions.

Le plus grand voyage commence et se réalise à l’intérieur de soi, en éternel mouvement, tout au long de notre vie.

 

« C’est pourquoi il est tellement important de laisser certaines choses disparaître. De s’en libérer. De s’en défaire. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées, parfois on gagne, et parfois on perd. N’attendez pas que l’on vous rende quelque chose, n’attendez pas que l’on reconnaisse vos efforts, que l’on découvre votre génie, que l’on comprenne votre amour. Vous devez clore des cycles. Non par fierté, par incapacité, ou par orgueil, mais simplement parce que ce qui précède n’a plus sa place dans votre vie. Fermez la porte, changer de disque, faites le ménage, secouez la poussière. Cessez d’être ce que vous étiez, et devenez ce que vous êtes. » Paulo Coelho – Le Zahir.

 

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@MarionGordien Crédit photo